Une ville n’est pas un décor. La façon dont on y habite, dont on s’y déplace, dont on rentre le soir, pèse sur ce que l’on vient déposer chez moi. Je ne fais pas de sociologie : je répète ce qui revient, séance après séance, selon les endroits. Aucun quartier ne porte malheur, c’est une bêtise que je ne dirai jamais. Mais consulter à Lyon suppose de traverser la ville, et quand on sait à l’avance comment on vient, à quelle heure et par quelle ligne, on arrive moins tendu.
La Presqu’île et la Part-Dieu : des vies qui courent
Entre Rhône et Saône, et de l’autre côté des quais vers la Part-Dieu, la journée est découpée en créneaux. Les gens qui viennent de là m’appellent entre deux rendez-vous, parlent vite, et commencent presque toujours par s’excuser d’avoir peu de temps. Les demandes tournent autour du travail : une place qu’on n’arrive pas à prendre, un supérieur qui bloque tout, une fatigue qui ne se répare plus le week-end.
L’affectif arrive dans un deuxième temps, une fois la personne vraiment assise. Beaucoup de couples qui se croisent sans se voir, deux emplois du temps qui ne se recouvrent plus, une séparation installée sans dispute. Pour venir, c’est le coin le plus simple de la ville, tout le réseau y passe. Le difficile, c’est de se garer : mieux vaut laisser la voiture et finir à pied ou en métro.
La Croix-Rousse : les pentes, puis le plateau
Les pentes
Dans les pentes, on vit serré, dans des immeubles anciens où l’on entend le voisin respirer. Ce qui remonte de là, ce sont les histoires de voisinage qui s’enveniment, les logements où l’on ne dort plus, les ambiances lourdes que personne n’explique. Il m’arrive aussi qu’une personne me décrive un appartement sain et une vie qui déraille malgré tout : alors ce n’est pas le lieu, c’est autre chose, et je le lui dis.
Le plateau
Sur le plateau, le rythme change, on est presque dans un village. Les demandes y sont plus familiales : un enfant qui s’éloigne, un parent dont on s’inquiète, un héritage qui divise des frères et sœurs. On monte par le métro C, qui grimpe depuis l’Hôtel de Ville, ou à pied par les escaliers si on a le temps et les jambes. L’hiver, prenez le métro : les montées gelées ont fait tomber plus d’une personne.
La Guillotière : ce que l’on porte depuis ailleurs
La Guillotière est un quartier où l’on entend trois langues sur vingt mètres de trottoir. Beaucoup de familles venues d’ailleurs, parfois depuis deux générations, parfois depuis deux ans. Ce que l’on m’y confie ressemble souvent à ce que j’ai connu chez moi : une grand-mère consultée au pays, un travail dont on dit qu’il a été fait sur la famille, un fils qui a changé du jour au lendemain, une belle-famille restée hostile à un mariage.
Je travaille dans la tradition africaine, transmise dans ma famille, et je comprends ces demandes sans qu’on me les traduise. Cela ne veut pas dire que je les accepte toutes : quand quelqu’un vient me voir pour nuire à une autre personne, je refuse, et l’entretien s’arrête là. On arrive par le métro D ou à pied depuis la rive gauche, et le quartier vit tard, ce qui permet des rendez-vous en fin de journée sans avoir l’air de se cacher.
Vaise, Gerland, Monplaisir : la ville qui travaille
À Vaise, j’ai surtout des gens en horaires décalés : équipes du matin, gardes de nuit, entrepôts et bureaux. Quand le corps ne dort plus aux bonnes heures, tout le reste s’use, le couple, la patience, l’argent. Le métro D s’arrête à la gare de Vaise, et les rendez-vous se calent souvent en début d’après-midi, dans le creux entre deux services.
Gerland, c’est une vie du même ordre, avec les laboratoires, le stade et les entrepôts du sud. Beaucoup d’hommes seuls qui n’appellent pas facilement : ils commencent par un message court sur WhatsApp, presque sec, et rappellent deux jours plus tard.
Monplaisir, et plus largement le 7e et le 8e, c’est la ville qui habite et qui travaille au même endroit. Les demandes y sont domestiques : le foyer, l’entente dans la maison, un commerce de quartier qui ne rentre plus dans ses frais, un local qu’on n’arrive pas à faire tourner. Le métro D dessert toute cette ligne, et c’est celle que je conseille à ceux qui n’aiment pas conduire en ville.
Confluence et le Vieux Lyon : deux bouts de la même ville
À Confluence, tout est neuf, clair, bien dessiné. Les personnes qui en viennent parlent souvent d’un vide qu’elles ne comprennent pas : la vie a l’air en ordre et pourtant rien ne tient. Le tram y descend et les trottoirs sont larges, on arrive sans se presser.
Le Vieux Lyon est l’inverse : rues étroites, immeubles très anciens, du passage à toute heure. Ceux qui y habitent me parlent parfois de la maison elle-même, de nuits mauvaises, d’objets qui disparaissent. Je commence toujours par écarter ce qui s’explique simplement avant d’aller chercher ailleurs. On y arrive par le métro D, et c’est de là que partent les funiculaires vers Fourvière et Saint-Just, pour ceux qui redescendent de la colline.
La première couronne : ceux qui descendent en métro
Une bonne part de mes rendez-vous ne vient pas de Lyon même, mais de tout autour : Villeurbanne, Vénissieux, Bron, Oullins, Saint-Priest, Caluire, Vaulx-en-Velin. On descend en métro ou en tram, on compte trois quarts d’heure de porte à porte, et on repart pareil. Les situations y arrivent souvent plus abîmées, non parce que la banlieue serait pire, mais parce qu’on attend plus longtemps avant de décrocher le téléphone.
Pour ceux qui habitent plus loin, l’Ain, l’Isère, la Loire, ou n’importe où en France, je travaille aussi par téléphone et sur WhatsApp, et je me déplace quand la situation le demande. Le lieu compte moins que ce qui est dit.
Le quartier ne décide pas de ce qui vous arrive. Il décide souvent du moment où vous vous décidez enfin à en parler.
Venir au rendez-vous sans que ce soit une épreuve
On me pose presque toujours les mêmes questions pratiques avant un premier rendez-vous. Je donne le point exact une fois la date fixée, au téléphone : rien n’est affiché nulle part, et personne ne vous verra entrer quelque part par hasard.
- Choisissez l’heure avant le lieu : le milieu de journée et la fin de soirée sont les moments les plus calmes, dans tous les quartiers.
- En voiture, laissez-la dans un parking et finissez en métro ou à pied ; chercher une place vingt minutes avant un rendez-vous met dans le mauvais état d’esprit.
- Depuis le plateau de la Croix-Rousse, le métro C est plus sûr que les escaliers un jour de pluie.
- Depuis la colline de Fourvière, le funiculaire redescend au Vieux Lyon en quelques minutes.
- Comptez large sur les lignes qui traversent la Presqu’île aux heures de sortie de bureau.
- Si vous préférez que personne ne sache que vous venez, dites-le simplement : on cale l’horaire en conséquence, cela ne me pose aucun problème.
Et si le déplacement est compliqué, pas de voiture, des enfants, un travail qui ne libère personne, on fait la consultation à distance. Je travaille par téléphone et sur WhatsApp avec des gens que je n’ai jamais vus, à Lyon comme ailleurs, et le travail se mène pareil.
Prendre contact
Le premier échange est gratuit et n’engage à rien. Vous m’exposez la situation, je vous dis ce que j’en comprends, ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas. Si nous allons plus loin, le tarif est annoncé à ce moment-là, avant tout engagement, jamais une fois le travail commencé.
Vous pouvez m’appeler ou m’écrire sur WhatsApp au 06 43 41 47 47, à toute heure, tous les jours. Nous fixons ensuite un rendez-vous au cabinet de Lyon, chez vous si la situation le demande, ou entièrement à distance. Les délais et les effets dépendent de chaque situation, et je préfère le dire au début plutôt qu’à la fin.