Ce que l’on vient me dire sur le travail
Les gens arrivent rarement en disant qu’ils sont bloqués. Ils disent d’abord qu’ils n’ont pas de chance, que ce n’est jamais le bon moment, que les autres passent devant. Puis on reprend les faits dans l’ordre, avec les dates, et il apparaît souvent autre chose qu’une simple série de hasards. C’est cela qui m’intéresse : pas la plainte, la chronologie.
Les situations reviennent à peu près les mêmes. Une centaine de candidatures envoyées dans l’année et deux réponses. Un entretien qui se passe bien, une poignée de main franche, puis plus rien, pas même un refus. Une promotion annoncée devant des collègues et repoussée à chaque réorganisation. Un concours ou un examen raté trois fois de suite alors que la préparation était sérieuse. Un dossier administratif qui se perd entre deux services, revient incomplet, repart.
Un bassin d’emploi dense, et des gens qui restent à l’arrêt
Lyon n’est pas une ville où l’on manque d’offres. Entre les sièges et les tours de la Part-Dieu, les hôpitaux et tout ce qui tourne autour de la santé, la chimie au sud, les entrepôts et les agences d’intérim de l’est, les cabinets et les commerces de la Presqu’île, il se signe des contrats toute l’année. C’est justement ce qui rend certaines situations pénibles à vivre : autour de vous, ça bouge, et vous êtes le seul à rester au même endroit.
Ceux qui m’appellent ne sont pas des gens sans qualification, loin de là. Ce sont souvent des profils solides, un diplôme, dix ou quinze ans de métier, des références sérieuses, et ils s’étonnent eux-mêmes d’en être là. Une soignante à qui l’on fait miroiter depuis deux ans un poste fixe qui ne vient jamais. Un technicien qui enchaîne les missions d’intérim d’un bout à l’autre de l’est lyonnais sans jamais décrocher l’embauche. Un cadre qui retrouve chaque année le même intitulé de poste, avec un peu plus de travail dedans.
Il y a aussi ceux qui travaillent de nuit ou en horaires décalés, qui traversent la ville quand le métro vient d’ouvrir et qui n’ont ni le temps ni l’envie de raconter cela à leur entourage. Ceux-là m’appellent très tôt ou très tard, et c’est sans importance : je réponds à toute heure.
Les formes que prend un blocage
Un échec n’est pas un blocage. Tout le monde en connaît, et une mauvaise période reste une mauvaise période. Ce que je regarde, c’est la répétition, et surtout la répétition avec un point d’arrêt toujours situé au même endroit du parcours.
- Vous obtenez des entretiens mais jamais de réponse ensuite : l’arrêt se situe juste après le contact direct.
- Vous n’obtenez même pas d’entretien alors que votre dossier correspond au poste : l’arrêt se situe au tri.
- On vous promet un poste, une augmentation, une titularisation, et chaque fois un imprévu repousse la décision.
- Vous réussissez l’écrit et vous perdez vos moyens à l’oral, plusieurs fois de suite, sans savoir pourquoi.
- Une formation, une reprise d’activité, un projet s’arrêtent toujours au même stade, quel que soit le projet.
- Les papiers se perdent, les rendez-vous s’annulent, vos interlocuteurs changent au plus mauvais moment.
Quand quelqu’un me décrit sa situation, c’est ce point que je cherche, parce qu’il dit quelque chose. Être arrêté au tri des dossiers et être arrêté au moment où l’on vous regarde dans les yeux, ce ne sont pas les mêmes histoires, et cela n’appelle pas le même travail.
Ce que j’appelle un déblocage
Dans la tradition que j’ai reçue de ma famille, un déblocage n’est pas un tour de main qui fabrique un emploi. C’est un travail sur ce qui pèse : ce qui vous suit depuis une rupture, une affaire de famille mal refermée, une jalousie de voisinage ou de bureau, parfois quelque chose que vous avez accepté un jour et qui vous colle encore. On allège cela, on refait de la place, et l’on regarde ce qui change quand vous repartez faire vos démarches.
Je le dis franchement, parce que certains arrivent avec une autre idée en tête. Je ne peux pas passer un concours à votre place, ni écrire votre lettre, ni obliger un employeur à signer. Mon travail porte sur ce qui s’ouvre ou se ferme autour de vous. Votre compétence, elle, vous appartient et personne ne peut vous la retirer.
Je peux travailler sur ce qui bloque la porte. C’est vous qui entrez dans la pièce.
Ce que je ne fais pas
Je n’annonce ni date, ni pourcentage, ni résultat certain. Celui qui vous promet une embauche pour telle semaine vous vend du vent, et je préfère perdre un appel que de dire une chose pareille. Les délais et les effets dépendent de la situation, de son ancienneté, de ce qu’il y a derrière, et parfois de détails que la personne ne m’a pas donnés au premier échange.
Je refuse aussi certaines demandes. Quand on m’appelle pour nuire à un collègue, casser un concurrent ou prendre la place de quelqu’un par en dessous, je dis non et j’arrête là. Ce n’est pas de la morale de façade : ce genre de travail se retourne, et ce sont souvent ces histoires-là qui ramènent les gens chez moi des années plus tard.
Comment je regarde d’où vient l’arrêt
- Le premier échange, par téléphone ou sur WhatsApp. Vous racontez, je pose des questions sur les dates et sur ce qui a changé au moment où les choses se sont arrêtées. Cet échange est gratuit et ne vous engage à rien.
- L’étude du cas. Je cherche l’origine du blocage : une période, une personne, un lieu, parfois rien de tout cela et simplement un poids ancien que l’on traîne depuis longtemps.
- Ce que je vous dis ensuite : ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas. Le tarif est annoncé à ce moment-là, avant que vous vous engagiez sur quoi que ce soit.
- Le rendez-vous, à mon cabinet de Lyon, à votre domicile si la situation le demande, ou entièrement à distance quand vous êtes loin ou peu disponible.
- Le travail traditionnel, engagé seulement après votre accord, puis des points réguliers avec vous jusqu’à ce que les choses évoluent.
Votre part, pendant ce temps-là
C’est le passage que certains n’aiment pas lire, et c’est pourtant le plus important. Pendant que je travaille, vous continuez. Vous envoyez vos candidatures, vous révisez, vous relancez le service qui a égaré votre dossier, vous acceptez la mission d’une semaine qui ne vous emballe pas. Un déblocage agit sur ce qui se présente à vous. S’il ne se présente rien, parce que vous avez cessé de chercher, il n’y a rien à ouvrir.
Je demande aussi deux choses simples. Tenez-moi au courant, même quand il ne se passe rien : un « rien de neuf cette semaine » m’est utile. Et notez ce qui bouge, même de travers, même petit. Un appel inattendu, une ancienne connaissance qui reparle de vous à quelqu’un, un rendez-vous déplacé qui vous met en face d’une autre personne. Les choses reviennent rarement sous la forme qu’on attendait, et beaucoup les manquent parce qu’ils regardaient ailleurs.
Dans les dossiers que je suis, le premier signe n’est presque jamais la signature. C’est une réponse qui arrive enfin, un deuxième entretien, un supérieur qui redevient joignable, un dossier qui ressort d’un tiroir. C’est le moment de tenir la cadence, pas de relâcher : une porte qui s’entrouvre se referme aussi.
Me joindre
Je reçois à Lyon sur rendez-vous, je me déplace quand la situation le demande, et je travaille aussi entièrement à distance, pour le bassin lyonnais comme pour le reste de la France. Vous pouvez m’appeler ou m’écrire sur WhatsApp au 06 43 41 47 47, à toute heure, 24h/24 et 7j/7. Le premier échange est gratuit et ne vous engage à rien : vous exposez votre situation, je vous dis ce que j’en pense et ce qu’il est possible d’entreprendre.
Si vous appelez, ayez les dates en tête : depuis quand cela dure, ce qui s’est passé juste avant que cela commence, qui était autour de vous à ce moment-là. C’est souvent là que se trouve le fil.