Ce que l’on m’apporte quand il s’agit de couple, de famille et de foyer
Les appels que je reçois à Lyon pour le couple et la famille ne parlent presque jamais d’une rupture nette. Quand quelqu’un est parti, la demande est claire et je sais quoi en faire. Ici, c’est autre chose : personne n’est parti, tout le monde est encore là, et pourtant plus rien ne tient. On se parle mal, on évite une pièce, on attend que l’autre se couche pour enfin respirer.
C’est ce que l’on me confie le plus souvent, et c’est aussi ce qui est le plus long à démêler. Une rupture a une date. Une usure, non. Il faut remonter, poser des questions qui n’ont l’air de rien, et accepter que la personne qui m’appelle ne soit pas toujours celle dont elle me parle en premier.
Le couple qui rejoue la même scène
La phrase qui revient le plus, au téléphone, c’est celle-ci : on se dispute toujours pour la même chose. Tous les quinze jours, parfois à date presque fixe, la même dispute repart, avec les mêmes mots, et elle se termine comme la fois d’avant. Ce n’est plus un désaccord, c’est une mécanique. Les deux savent ce que l’autre va répondre, et le disent quand même.
Quand une scène se répète à ce point, je regarde deux choses. D’abord ce qui l’allume : un appel, une visite, une somme d’argent, un prénom. Ensuite ce qu’elle protège, parce qu’une dispute qui revient sert très souvent à ne pas aborder autre chose. Sur cette partie-là, mon travail porte sur l’entente entre deux personnes ; il ne consiste pas à faire taire l’un des deux.
Je ne travaille pas pour qu’un couple se taise. Je travaille pour qu’il puisse enfin dire ce qu’il évite depuis deux ans.
Quand la belle-famille s’installe au milieu
À Lyon, les familles vivent souvent à quelques rues les unes des autres. Les parents sont restés à la Croix-Rousse, les enfants ont pris un appartement du côté de la Guillotière ou de Monplaisir, une sœur s’est installée à Villeurbanne, et tout le monde se retrouve le dimanche. Cette proximité est une chance quand les choses vont bien. Quand elles vont mal, elle ne laisse plus aucun endroit où souffler.
Je reçois beaucoup de demandes où le problème n’est pas dans le couple, mais autour : une mère qui appelle tous les jours, un beau-frère qui donne son avis sur l’argent, une belle-mère qui ne dit rien mais dont l’humeur remplit la pièce. Dans ces cas-là, je demande toujours qui décide, en vrai, dans cette maison. La réponse dit souvent tout, et elle est rarement celle qu’on m’avait donnée au début de l’appel.
Fratries, successions et silences
Les successions font partie des dossiers les plus lourds que l’on m’apporte. Un appartement dans les pentes, une maison de famille gardée trop longtemps, un partage réglé de travers il y a dix ans : des frères et sœurs qui s’aimaient cessent de se parler, et personne ne sait plus comment revenir en arrière. L’argent n’est presque jamais le vrai sujet. Il sert de nom à quelque chose de bien plus ancien.
Je le dis franchement à ceux qui m’appellent pour cela : une partie de ce qui s’est passé relève d’un notaire, d’un avocat, ou d’une conversation que personne n’a osé avoir. Je ne prends pas cette partie-là. Ce sur quoi je peux intervenir, c’est le climat : la rancune qui ne retombe pas, l’impossibilité de décrocher le téléphone, les ponts coupés sans raison claire. Le reste, je le renvoie à qui de droit.
Un enfant qui ne parle plus, une maison où l’ambiance a tourné
L’enfant qui se ferme
Des parents m’appellent parce que leur fils ou leur fille ne leur parle plus. Parfois il vit encore sous le même toit, dans la chambre au fond du couloir, et les échanges se limitent à trois mots par jour. Je demande toujours depuis quand, et ce qui s’est passé dans les semaines d’avant : un déménagement, un changement de lycée, une séparation, un deuil. Un silence a presque toujours un début, même si personne dans la maison ne veut le nommer.
La maison qui a tourné
L’autre demande, c’est le foyer lui-même. On me décrit un appartement où l’on dort mal depuis l’emménagement, où l’on se dispute dès qu’on a passé la porte, où les objets cassent par séries. Beaucoup de logements lyonnais sont étroits, en enfilade, avec une cour au milieu et des voisins qu’on entend vivre à travers le mur. Une tension a vite fait de s’y installer, puis de se confondre avec le lieu.
Je commence par le simple avant le reste : depuis quand, qu’est-ce qui a changé ce mois-là, qui est entré dans la maison, qui en est parti. Ce n’est qu’ensuite que je parle d’un travail de purification du foyer ou de protection. Et quand je pense qu’il n’y a rien de cet ordre, je le dis, même si ce n’est pas ce que l’on espérait entendre de moi.
Pourquoi je demande à parler à celui qui appelle
Beaucoup de gens me téléphonent pour quelqu’un d’autre. Pour un mari « qui a changé », pour une sœur « impossible », pour un fils « qui ne fait rien de sa vie ». Je les écoute, puis je ramène l’échange sur la personne au bout du fil. C’est elle qui appelle, c’est elle qui vit la situation tous les jours, et c’est par elle que quelque chose peut commencer à bouger.
Ce n’est pas une posture. Travailler sur quelqu’un qui n’a rien demandé, qui ignore qu’on appelle et qui n’est pas d’accord, ce n’est pas ce que je fais. Je peux travailler l’entente, l’apaisement, la façon dont deux personnes se retrouvent ; je ne fabrique pas un être humain sur commande. Certaines demandes sont refusées pour cette raison, et je préfère le dire au téléphone plutôt qu’une fois le travail commencé.
Ce que je démêle avant d’engager quoi que ce soit
Le premier échange sert exactement à cela. Il est gratuit, il n’engage à rien, et il est là pour faire le tri entre ce qui relève d’un travail traditionnel et ce qui relève d’une conversation à avoir, d’un professionnel, ou simplement de temps. Voici les points que je pose, dans cet ordre, presque à chaque fois.
- Depuis quand exactement, et ce qui s’est passé dans le mois qui a précédé.
- Qui est concerné : deux personnes, une maison entière, une fratrie, des voisins.
- Ce qui se répète : la scène, le jour, le déclencheur, la phrase qui revient.
- Ce qui a déjà été tenté, et par qui, y compris auprès d’autres praticiens.
- Ce qui, dans le dossier, ne me regarde pas et doit aller à un notaire, un avocat ou un médecin.
- Ce que la personne attend vraiment : revenir en arrière, ou vivre autrement à partir de maintenant.
À la fin de cet échange, je dis ce que je peux entreprendre, ce que je ne peux pas, et le tarif du travail. Il est annoncé à ce moment-là, avant le moindre engagement de votre part. Ensuite seulement, si nous sommes d’accord, le travail commence, avec des points réguliers jusqu’à ce que les choses évoluent. Les délais et les effets dépendent de chaque situation, et je ne les annonce pas d’avance.
Me joindre
Je reçois à Lyon sur rendez-vous, je me déplace à domicile quand la situation le demande, dans la ville comme dans la première couronne, et je travaille aussi entièrement à distance, par téléphone ou sur WhatsApp, pour ceux qui ne peuvent pas se libérer ou qui appellent d’un autre département. Beaucoup de ces appels se font le soir, une fois la maison calme, et cela me convient très bien.
Vous pouvez m’appeler ou m’écrire au 06 43 41 47 47, 24h/24 et 7j/7. Le premier échange est gratuit et sans engagement : vous exposez la situation, je vous dis ce que j’en pense, et vous décidez ensuite.