« Ça marchait, et puis plus rien »
Un commerçant ne m’appelle presque jamais au premier mois creux. Il attend. Il se dit que c’est la saison, que ça reviendra à la rentrée. Il m’appelle le jour où il n’arrive plus à se l’expliquer : la rue est pleine, les vitrines d’à côté tournent, et chez lui personne n’entre.
À Lyon, ces appels viennent de partout. Une boutique de la Presqu’île ouverte depuis huit mois et déjà à bout de souffle, dans un local où deux enseignes ont échoué avant elle. Un atelier de la Croix-Rousse dont les clients fidèles se sont éloignés les uns après les autres, sans un mot. Un restaurant de la Guillotière qui fait le tiers du service d’il y a deux ans, avec la même carte et la même équipe.
Ce qui revient le plus dans ces conversations, ce n’est pas la peur de perdre de l’argent. C’est l’incompréhension. Quelqu’un qui connaît son métier, qui a tout fait dans l’ordre, et qui regarde son affaire s’éteindre sans savoir par quel bout la reprendre.
Ce que je regarde en premier
Avant de parler de quoi que ce soit de traditionnel, je pose des questions très terre à terre. Elles ont l’air banales, mais c’est souvent là que se trouve le début de l’histoire. Je demande :
- depuis quand exactement les choses ont basculé, et ce qui s’est passé cette semaine-là ;
- ce qui a changé autour du commerce : un nouveau bail, un associé entré ou sorti, un employé remercié, une brouille de famille ;
- qui est entré dans le local peu avant, et si quelque chose y a été laissé, offert ou installé et n’en est jamais reparti ;
- si la difficulté touche le lieu seul, la personne seule, ou les deux — un patron qui dort mal et se dispute chez lui pendant que sa caisse tombe, ce n’est pas le même dossier ;
- si le même blocage le suit ailleurs : un deuxième local, un autre projet, une activité annexe qui coince de la même manière ;
- ce qu’il a déjà tenté, auprès de qui, et ce que ça a donné.
Ces réponses me disent si j’ai devant moi une affaire fragile qui a besoin d’un comptable, ou une situation où quelque chose s’est mis en travers et ne bouge plus. Les deux existent. Je ne fais pas semblant de ne pas voir la première pour me donner du travail.
Ce que je renvoie ailleurs, et je le dis tout de suite
Quand un commerçant me décrit une marge qui n’a jamais tenu, un loyer trop lourd depuis le premier jour ou une clientèle qui a simplement changé de rue, je le lui dis. Ce sont des questions de chiffres et de droit, et elles se traitent avec un comptable, un avocat, une chambre de métiers. On m’a déjà appelé pour un litige de bail : ce n’est pas moi qu’il fallait appeler en premier.
Il m’arrive aussi de refuser un dossier. Quand quelqu’un me demande de faire tomber un concurrent, de nuire à une enseigne voisine ou de forcer la main à un associé, c’est non, et l’échange s’arrête là. Je travaille pour protéger une affaire et celui qui la tient, pas contre quelqu’un d’autre.
Une affaire qui tombe sans raison, ça se regarde de près avant de se regarder de loin.
Assainir un lieu
Quand l’examen désigne le local plutôt que la personne, c’est sur le local que je travaille. Un commerce reçoit du monde toute la journée, et tout le monde n’y entre pas avec de bonnes intentions. Une rancune de voisinage, un ancien locataire parti en mauvais termes, un employé congédié, une jalousie dans le quartier : ça laisse quelque chose derrière, et ça se sent souvent dès la porte.
Les commerçants me le décrivent presque toujours avec les mêmes mots. Les gens passent devant, ralentissent et continuent. Ils entrent, regardent, ressortent sans rien dire. Le personnel devient nerveux, se dispute pour rien.
L’assainissement porte sur le seuil, la réserve, le poste de travail, le comptoir : tout ce qui reçoit les gens. Je le fais au cabinet à partir de ce que la personne m’apporte, ou je me déplace quand le lieu lui-même est en cause, et je demande alors des heures creuses : un atelier avant l’ouverture, un restaurant entre deux services, un stand de marché une fois les tréteaux repliés.
Protéger le commerce et celui qui le tient
Un commerce est rarement séparable de la personne qui le porte. Quand un patron se vide, l’affaire se vide avec lui. Je travaille donc sur les deux : le lieu et l’activité, et l’homme ou la femme qui se lève tous les matins pour l’ouvrir.
C’est particulièrement vrai des métiers où l’on travaille en décalé. Un restaurateur qui ferme à une heure du matin et rouvre à dix, un artisan qui enchaîne les chantiers de Vaise à Gerland avec deux heures de route dans la journée : à ce rythme, on ne voit pas venir l’usure et on met tout sur le compte du métier. Parfois c’est le métier. Parfois non.
Associés, impayés, réputation
Quand un associé devient hostile
C’est un des cas les plus durs, parce qu’il touche à la confiance. Deux personnes montent une affaire ensemble, puis l’une se ferme, retient les informations, décide seule, parle du dossier à l’extérieur. Je travaille alors sur l’entente et sur la protection de celui qui m’appelle. Ce qui relève des parts et des comptes se règle avec un avocat, et je le dis sans détour.
Les impayés en série
Un artisan qui n’encaisse plus le tiers de ses factures alors qu’il n’a pas changé de clientèle, ça mérite qu’on s’y arrête. On regarde d’abord la chaîne ordinaire : les devis, les acomptes, les relances, les clients acceptés trop vite. Quand tout cela est en ordre et que l’argent continue de ne pas rentrer, je travaille sur le déblocage de l’activité.
Une réputation attaquée
Une rumeur dans une rue commerçante de quartier va plus vite que n’importe quelle publicité. Un mot lâché sur un marché, quelques avis malveillants écrits le même soir, et une enseigne tenue depuis des années se vide. Ce qui est diffamatoire se traite juridiquement, c’est le premier conseil que je donne. Pour le reste, je travaille à couper ce qui s’acharne.
Un travail qui se suit, pas un geste unique
Un dossier de commerce ne se règle pas en un rendez-vous. Il s’étale sur plusieurs semaines, avec des points réguliers. Voilà comment cela se passe :
- un premier échange gratuit et sans engagement, par téléphone ou sur WhatsApp, pour que vous m’exposiez la situation ;
- l’étude du cas : d’où vient le blocage, ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas. Le tarif est annoncé à ce moment-là, avant tout engagement de votre part ;
- un rendez-vous au cabinet de Lyon, sur place si le local est en cause, ou entièrement à distance si vous ne pouvez pas vous libérer ;
- le travail traditionnel engagé après votre accord, puis des points réguliers jusqu’à ce que les choses évoluent.
Je ne donne ni date ni chiffre. Les délais et les effets dépendent de la situation, de son ancienneté et de ce que la personne fait de son côté pendant ce temps. Un commerçant qui reprend ses horaires et relance ses anciens clients n’avance pas au même rythme que celui qui attend derrière son comptoir que je fasse tout à sa place.
Me joindre depuis Lyon
Vous pouvez m’appeler ou m’écrire sur WhatsApp au 06 43 41 47 47, à toute heure, tous les jours. Beaucoup de commerçants me joignent le soir après la fermeture ou tôt le matin.
Le premier échange est gratuit et n’engage à rien. Dites-moi votre métier, depuis quand l’affaire ne tourne plus et ce qui a changé autour de vous. Je vous dirai ce que j’en pense, si c’est de mon ressort, et vers qui aller si ce n’en est pas. Je reçois sur rendez-vous à mon cabinet de Lyon, je me déplace quand la situation le demande, et je travaille à distance pour ceux qui ne peuvent pas quitter leur commerce.